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Un éthylotest positif signifie-t-il forcément un taux d’alcool hors limite ?

19 mars 2021

Nous l’avons vu précédemment, tromper un alcootest est plutôt compliqué : si vous avez bu, votre contrôle sera forcément positif. Mais l’inverse est-il vrai ?

En cas de résultat positif, pouvez-vous nier l’évidence et invoquer un problème de santé ? L’ingestion trop importante de coq au vin ? Un faux positif en quelque sorte. Turdus mène l’enquête.

Le syndrome d’auto-brasserie

Voici un syndrome fort étonnant mais qui reste rare, très rare. Également appelé syndrome de fermentation intestinale, ce trouble rendrait positif tout contrôle d’alcoolémie… sans pour autant que de l’alcool ait été ingéré. Mais par quel mystère ?

En réalité il s’agit d’un disfonctionnement du tube digestif qui converti en alcool les glucides ingérés par la personne malade. Ce sont la présence de levures Saccharomyces cerevisiae (c’est-à-dire de la levure de bière) et S. boulardii dans le système digestif qui permet à votre estomac de synthétiser de l’alcool à partir de la nourriture ingérée. Nourriture sans alcool, bien entendu, mais souvent un peu trop sucrée.

De quoi jeter le doute sur son conjoint par exemple qui vous jure ses grands dieux ne rien avoir bu depuis deux jours ! Ceci dit, cette maladie est plutôt rare, nous l’avons précisé, et relativement facilement détectable… donc ne misez pas tout sur ce syndrome pour votre ligne de défense.

Un bain de bouche mis en cause

En 2016, un cinquantenaire prend le volant après avoir fait une sieste suivie d’un bain de bouche. Il est dans la demie heure contrôlé par la gendarmerie qui lui fait donc souffler dans un éthylotest. Résultat positif pour cet automobiliste qui pourtant affirme ne rien avoir bu. Il est contrôlé avec un taux d’alcool de 0,26 mg par litre d’air exposé alors que la limite est de 0,25 en France (soit 0,5 g d’alcool par litre de sang).

Bain de bouche

Or il faut savoir que lors d’un contrôle, les forces de l’ordre devraient s’assurer que le conducteur n’a rien consommé au cours des 30 dernières minutes (consommation d’alcool, bien sûr, mais également de nourriture, voire même de cigarette). Car selon les circonstances, cette ingestion pourrait perturber les résultats de lecture de l’éthylotest.

Ce bain de bouche couplé au test réalisé moins d’une demie heure après et en tenant compte d’antécédant vierge pour ce conducteur… et l’avocat de celui-ci a réussi à faire lever l’amende !

Un test trop tôt après l’ingestion d’alcool

Vous le savez sûrement, le taux d’alcool maximal est atteint différemment si vous êtes à jeun ou lors de l’ingestion pendant un repas. Interviennent également les facteurs sexe, âge et poids. Ainsi, l’estomac vide, votre taux d’alcool sera maximal un quart d’heure seulement après votre verre. Ce délai est fortement allongé si ce verre est pris pendant votre repas : une heure.

Nous venons de le voir, dans l’idéal le contrôle d’alcoolémie ne devrait pas avoir lieu dans la demie heure suivant l’ingestion de quoi que ce soit. Or dans les faits, si vous vous faites contrôler alors que vous venez à peine de boire vos verres d’alcool ou que vous êtes en train de fumer une cigarette, il ne faudrait pas hésiter à demander aux forces de l’ordre un délai d’attente. Car la nicotine également pourrait avoir une interaction malheureuse avec un résultat d’éthylotest.

Cependant, sachez-le, même dans le cas où la notice de votre éthylotest prévoit un délai (souvent d’une demie heure donc), la validité du contrôle d’alcoolémie ne serait pas remise en cause.

Qu’en est-il des médicaments ?

Il n’est pas rare de voir sur les boîtes de médicaments, diverses mises en garde via des pictogrammes : « ne pas conduire sans avoir lu la notice » ou « ne pas conduire sans l’avis d’un professionnel de santé » par exemple. Ainsi, certains de leurs effets secondaires comme les somnolences ou les tremblements et vertiges, peuvent être un réel handicap pour un conducteur. Mais qu’en serait-il si sous l’empire de quelques médicaments vous étiez amené à souffler dans un éthylotest ?

Ne vous faites pas de fausses joies… Même si certains d’entre eux contiennent effectivement des principes actifs en alcool, ils n’influenceraient en rien le résultat d’un éthylotest. Cependant, si vous êtes arrêté à cause d’une conduite à risque… et même si votre taux d’alcool est donc dans les clous, certains tests salivaires par exemple pourraient bien mettre en avant une consommation de médicament inappropriée à la conduite… Ce qui peut être dommageable, surtout si vous ne pouvez justifier de leur prescription médicale…

Comme vous pouvez le voir, un résultat positif sur un éthylotest, avec de très grandes proportions, signifie bien que votre taux d’alcool dans le sang est supérieur à ce qu’il devrait être. Et si une incertitude subsiste, quoi qu’il en soit, une prise de sang viendra lever le doute sur votre alcoolémie. En résumé, ne jouez pas avec le feu : si votre autocontrôle n’est pas favorable, ne prenez pas le volant : vous avez tout à y perdre !